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Un drone agricole au regard perçant

Un drone agricole au regard perçant

Par Daniel Cardon



Avec la caméra hyperspectrale miniature fixée sous le drone, les cultures sont surveillées de manière aérienne et automatisée. Les prises de vues permettent de déterminer les zones qui ont besoin de l’épandage d’herbicides, de pesticides ou d’engrais et ainsi, de faire des économies. Gamaya vient de lever 2,7 millions d’Euros pour son développement. Cette société a par ailleurs reçu le prix W.A. de Vigier doté de 90 000 Euros.

 La «signature spectrale» des plantes est enregistrée

Les caméras hyperspectrales permettent d’élargir le spectre des couleurs capturées en enregistrant toutes les longueurs d’onde de la lumière; du visible à l’infrarouge. Or la «signature spectrale» de chaque plante varie selon son stade de développement et les conditions environnementales. Un manque d’eau ou de nutriments altère l’état physiologique des plantes et modifie la manière dont elles réfléchissent la lumière. Ainsi, une plante en état de stress aura une signature spectrale différente des plantes en bonne santé. Une large palette de caractéristiques a été répertoriée dans des bases de données. Les différentes nuances du spectre détectées lors des prises de vues aériennes sont passées à la moulinette du logiciel développé par l’entreprise pour les associer à des couleurs du spectre humain. A chaque problème sa teinte, ainsi, l’agriculteur peut observer ses cultures en détail depuis son ordinateur. Le système donne également des conseils comme la quantité optimale de fertilisant à utiliser ou des prévisions comme le volume des récoltes.


Un système idéal pour les vastes cultures d’Amérique du Sud

Simple d’utilisation puisqu’il suffit de savoir piloter l’engin, le système est désormais accessible pour les plantations de soja, de maïs et de cane à sucre. «Avec un marché potentiel de 5 milliards de dollars, c’est en Amérique latine que nous visons nos premiers clients», explique Yosef Akhtman, CEO de la start-up. Les vastes cultures qui s’y étendent sont le terrain propice aux variations. Le système a d’ailleurs déjà été testé avec succès par des agriculteurs au Brésil.

D’après l’entreprise, cette solution permettrait aux agriculteurs d’augmenter le volume de leur récolte et de diminuer les coûts ainsi que les risques liés aux maladies. «Elle laisse envisager une augmentation du bénéfice jusqu’à 30% en permettant aux exploitants de réagir vite et avec précision», estime Yosef Akhtman, dont l’entreprise, fondée l’année passée, est reconnue par Forbes et Business Insider comme l’une des douze jeunes entreprises les plus prometteuses dans le domaine des technologies liées à l’agriculture. «Ce système est aussi une manière d’augmenter l’efficience dans le traitement des cultures pour faire face au principal futur défi de l’agriculture: l’humanité devra produire d’ici 2050 autant de denrées alimentaires qu’au cours des 10’000 dernières années», poursuit-il. À cette date, la population mondiale est estimée aux alentours de 10 milliards d’individus.

*EPFL : Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne

https://gamaya.com/

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