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IA physique : NEURA Robotics et SECO s’allient en Europe

IA physique : NEURA Robotics et SECO s’allient en Europe

Actualité générale |
Par NicolasFeste



L’industrialisation de l’IA physique, ces systèmes capables de percevoir, décider et agir dans le monde réel, bute encore sur une question très concrète : produire en série une électronique de calcul fiable, embarquée au plus près des capteurs et des actionneurs. Annoncé le 7 septembre 2026, le partenariat stratégique entre l’allemand NEURA Robotics et l’italien SECO cible précisément ce point. SECO prendra en charge la conception, l’ingénierie et la fabrication des modules de calcul électroniques destinés aux robots cognitifs de NEURA, dont l’humanoïde 4NE1. Basés sur des processeurs Qualcomm Dragonwing, ces modules s’insèrent dans l’architecture de calcul distribuée du roboticien.

Une architecture distribuée « Brain + Nervous System »

NEURA structure l’IA physique autour de trois couches technologiques : la détection, le calcul et l’infrastructure cloud. À l’intérieur de la machine, l’entreprise applique une architecture dite Brain + Nervous System, déclinée au travers du concept Smart Limb. Capteurs et ressources de calcul y sont répartis dans l’ensemble du robot, à proximité des articulations et des points d’interaction physique où les décisions doivent être prises en temps réel.

Selon NEURA, cette réactivité locale conditionne la capacité des robots à travailler de manière sûre et fiable aux côtés des opérateurs. Les processeurs Dragonwing Robotics de Qualcomm Technologies fournissent les performances d’inférence embarquée, l’efficacité énergétique et le contrôle à faible latence qu’exige cette approche décentralisée.

SECO, de l’ingénierie embarquée à la production en volume

Le rôle de SECO consiste à industrialiser ces modules de calcul en vue d’une production en série. Spécialiste de l’edge AI et du calcul embarqué, l’entreprise d’Arezzo intègre les processeurs Dragonwing dans les robots cognitifs de NEURA de façon à garantir une fabrication fiable, à des volumes compatibles avec la montée en cadence visée par le roboticien.

Le choix repose sur une relation déjà établie : SECO fait partie de l’écosystème Qualcomm Technologies et développe plusieurs gammes de plateformes de calcul industrielles basées sur Dragonwing. Pour Max Mauri, CEO de SECO, l’association de l’expertise d’ingénierie de son entreprise, de l’architecture de NEURA et des plateformes Qualcomm doit aboutir à des solutions dont la portée dépasse une seule usine ou une seule application.

Des données de production pour automatiser la fabrication de semi-conducteurs

Le partenariat ne se limite pas à l’électronique embarquée dans les robots. Les deux entreprises prévoient de collecter conjointement des données de production réelles à mesure que les robots NEURA seront déployés en environnement industriel. Ces données serviront à développer de nouvelles solutions d’automatisation fondées sur l’IA physique, avec un accent particulier sur la fabrication de semi-conducteurs et d’électronique.

L’objectif affiché est d’enseigner aux machines des processus de production de plus en plus complexes, puis de convertir ces savoir-faire en capacités d’automatisation déployables dans les usines de semi-conducteurs du monde entier. NEURA rattache cette démarche au Neuraverse, son écosystème ouvert dans lequel les compétences acquises sur des cas réels deviennent des briques réutilisables, au lieu de rester cantonnées à un projet d’automatisation isolé.

Une chaîne d’approvisionnement européenne pour l’IA physique

Les modules fabriqués par SECO pour NEURA seront développés et produits en Europe, ce qui ajoute un maillon à une chaîne d’approvisionnement européenne pour la robotique cognitive. Les partenaires présentent cette démarche comme une voie vers la souveraineté technologique : bâtir sur le continent des compétences industrielles critiques tout en s’appuyant sur des technologies de calcul développées à l’international.

Parmi les prochaines étapes figure l’ouverture d’un NEURA Gym en Italie, premier centre d’entraînement de l’entreprise en Europe du Sud. David Reger, fondateur et CEO de NEURA Robotics, rappelle que l’IA physique exige un écosystème couvrant détection, calcul, cloud et industrialisation, et qu’aucune entreprise ne peut la construire seule.

Si vous concevez des systèmes robotiques ou des lignes de production électronique, ce partenariat marque l’émergence d’une filière européenne de modules de calcul edge dédiés à la robotique cognitive. Vous aurez intérêt à suivre les premiers déploiements industriels et les solutions d’automatisation qui en découleront pour la fabrication de semi-conducteurs.

SECO | NEURA Robotics

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